Un plateau en activité qui doit être découpé en bureaux fermés, c’est un chantier qui ne s’arrête jamais tout à fait. Les salariés restent, les postes tournent, et pourtant il faut faire passer des cloisons là où circulent déjà des gens. L’électricité devient alors le vrai point dur du projet. Mal anticipée, elle se rattrape en goulottes vissées le long des couloirs et en armoires déplacées à la va-vite. Bien pensée avant la première cloison, elle ne laisse presque aucune trace visible.
Pourquoi l’électricité se décide avant les cloisons
Poser une cloison, c’est figer un plan pour plusieurs années. Une fois les plaques vissées et les joints tirés, plus personne n’a envie de rouvrir un mur pour y glisser une gaine oubliée, et c’est bien normal.
Le découpage des futures salles détermine donc l’emplacement des postes de travail, la position des interrupteurs et le nombre de prises par bureau. Chaque pièce nouvelle crée ses propres besoins. Ces besoins se traduisent ensuite en câbles à tirer.
L’erreur classique consiste à traiter l’électricité comme un ajustement de fin de chantier. On cloisonne, on peint, et on appelle l’électricien pour « raccorder tout ça ». Sauf que le cheminement n’a plus rien de libre. Les murs sont fermés, le plafond est refait, et il ne reste que la solution visible. Reprendre après coup coûte cher en main-d’œuvre, en matériel et en gêne pour les occupants qui travaillent à côté.
Un plateau occupé impose une contrainte de plus : l’alimentation ne peut pas être coupée en pleine journée. Il faut organiser les bascules, prévoir des interventions en horaires décalés ou le week-end, ce qui rallonge la facture. Plus le lot électrique est cadré tôt, moins ces coupures se multiplient.
Distribution des postes et prises à prévoir
Chaque futur bureau a besoin d’un point d’alimentation réfléchi, pas seulement d’une prise posée au hasard sur le mur du fond. Un poste de travail, aujourd’hui, c’est un écran, une unité centrale, parfois une imprimante locale, un chargeur de téléphone. Les prises installées peuvent être de type industriel ou réseau en RJ45, et le mélange des deux se prépare au moment du plan, pas après.
Reste à savoir combien de postes par pièce. Une salle de deux personnes ne se câble pas comme un open space résiduel de six bureaux. Le nombre de prises RJ45 suit directement le nombre de postes, avec une marge pour les évolutions. Le matériel électrique fourni répond aux normes françaises et européennes. Cela évite les mauvaises surprises au moment du contrôle.
Il faut aussi penser aux circulations. Un couloir traversant qui n’a aucune prise oblige à tirer des rallonges depuis les bureaux, et ça se voit tout de suite. Quelques socles dans les zones de passage règlent le problème pour un coût dérisoire comparé à une reprise plus tard.

Les points à verrouiller sur le plan électrique
Le plan de cloisonnement et le plan électrique doivent se lire ensemble, sur la même table. Tant que ce n’est pas le cas, chaque décision prise d’un côté annule une décision de l’autre. Voici ce qui remonte le plus souvent quand on reprend un projet mal cadré.
- Le nombre de prises par poste, décidé en fonction des usages réels et non d’un ratio appliqué à l’aveugle.
- Les RJ45 tirées en même temps que l’alimentation, jamais dans un second temps.
- Où tombent les interrupteurs par rapport à la porte, et est-ce qu’on les veut à l’intérieur ou à l’extérieur des nouvelles pièces ?
- La place de l’armoire électrique, souvent oubliée alors qu’elle conditionne tout le reste.
- Les zones où l’on garde de la réserve pour un poste supplémentaire, parce qu’un service qui grandit ne prévient pas.
Ce travail de liste se fait en une réunion, avec le plan sous les yeux. Il évite les allers-retours et surtout les modifications après percement. Une heure passée à tout valider en amont remplace des semaines de retouches sur site, entre gaines à déplacer et cloisons à rouvrir.
Éclairage, courants forts et faibles dans un plateau en activité
L’éclairage tertiaire ne s’improvise pas plus que les prises. Selon la hauteur sous plafond et l’état des existants, on part sur du pavé luminaire, des tubes ou des LED, en encastré indirect ou en encastré plafond tertiaire. Chaque solution a ses contraintes de pose et son rendu. Le choix se fait avant de fermer les plafonds.
La séparation entre courant fort et courant faible est l’autre point qu’on regrette d’avoir négligé. Faire courir une ligne d’alimentation et un câble réseau dans la même goulotte crée des perturbations, parfois visibles seulement à l’usage. Le câblage informatique, électrique et téléphonique peut être réalisé dans les plafonds et les parois, à condition de respecter les distances et les chemins distincts.
Le cheminement dépend ensuite de ce qui existe. Les câbles électriques peuvent être passés sous goulottes, plinthes, faux plafonds ou encastrés. Dans un plateau occupé avec des cloisons anciennes en bon état, l’encastré reste possible mais demande des sondages préalables. Avec un plafond technique démontable, tout devient plus simple et plus rapide.
Un prestataire qui connaît les deux lots, cloison et électricité, gagne du temps sur cette coordination. La page acoplan.fr montre comment ce type d’aménagement se pense de bout en bout, du tracé des cloisons jusqu’aux finitions électriques.

Ce qui coince quand on reprend après coup
Les reprises les plus fréquentes concernent trois choses : une cloison posée sans réservation pour les gaines, une armoire électrique devenue inaccessible parce qu’une nouvelle pièce a été montée devant, et un éclairage raccordé sur le circuit existant sans compter la charge supplémentaire. Aucune de ces situations n’est dramatique prise seule. Mises bout à bout, elles transforment un chantier propre en série de rustines.
La goulotte apparente reste la solution de secours, et elle a un mérite : elle se pose vite et se modifie facilement. Son inconvénient tient à l’esthétique et à l’encombrement, surtout dans un plateau où les cloisons sont neuves et les murs lisses. Le contraste se voit immédiatement, et il donne l’impression d’un travail bâclé alors que le reste est soigné.
Il existe un entre-deux raisonnable. Certaines pièces acceptent une plinthe électrique discrète en bas de cloison, d’autres un passage en faux plafond qui redescend en colonne dans l’angle. Ce qui compte, c’est de le décider avant la pose, quand on peut encore choisir la cloison adaptée et prévoir les réservations.
Le bon réflexe avant de cloisonner
Traiter l’électricité comme un lot à part entière, avec son plan, son chiffrage et son calendrier, reste la seule façon de ne pas subir le chantier. Ça oblige à réunir l’électricien et le poseur de cloisons avant le premier coup de vis, à figer les emplacements de prises et d’éclairage sur papier, et à vérifier ce que le plafond et les murs existants permettent vraiment.
Le surcoût de cette étude en amont se rattrape largement sur les reprises évitées, sans compter les journées de travail perturbées en moins pour les occupants. Ce n’est pas un luxe de méthode, c’est une assurance.
Reste une question qui revient à chaque projet : vaut-il mieux cloisonner d’abord et câbler ensuite, ou l’inverse ? Dans la pratique, la réponse penche presque toujours du même côté. Le plan électrique se dessine pendant que le plan de cloisonnement se discute, jamais après.